Les 9 et 10 juillet 2026, l’École Du Breuil a accueilli la troisième session de la Convention Monde Académique, un parcours national porté par la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC). Pendant deux jours, des dirigeant·es d’établissements de formation de l’ESS à l’enseignement supérieur, des enseignant·es, des représentant·es du monde de la recherche, des étudiant·es et des partenaires se sont réuni·es pour réfléchir ensemble à la transformation du secteur académique face aux défis environnementaux et sociaux.
Qu’est-ce que la CEC ?
La Convention des Entreprises pour le Climat est une association d’intérêt général qui accompagne des collectifs de dirigeant·es dans la transformation de leurs modèles afin de répondre aux enjeux environnementaux et sociaux du XXIᵉ siècle. Son ambition est d’aider les organisations à évoluer vers des modèles plus robustes, soutenables et respectueux du vivant.
Au fil des années, la CEC a développé plusieurs parcours thématiques et sectoriels. Parmi eux figure désormais la Convention Monde Académique, dédiée à la formation, l’enseignement supérieur et la recherche. Cette initiative rassemble des établissements, des universités, des grandes écoles, des organismes de formation, des entreprises et des étudiant·es autour d’un même objectif : imaginer et construire l’avenir de l’enseignement et de la recherche dans un monde confronté aux limites écologiques et aux défis sociaux.
Une convention pour transformer le monde de la formation
La Convention Monde Académique est née du constat que les établissements de formation ont un rôle essentiel à jouer dans la transition écologique et sociétale. Au-delà de leur propre fonctionnement, ils influencent profondément les compétences, les valeurs, les imaginaires et les pratiques des générations futures.
Comme l’explique l’un des organisateurs présents à l’École Du Breuil, l’objectif ne se limite pas à réduire l’empreinte carbone des établissements :
« Le plus gros impact d’une école n’est pas seulement lié à ses bâtiments ou à sa consommation d’énergie. C’est ce qu’elle transmet à ses étudiant·es : les savoirs, les méthodes, les valeurs et les imaginaires qui guideront leurs actions futures. »
La démarche adopte ainsi une approche systémique. Les participant·es travaillent non seulement sur les questions climatiques, mais aussi sur la biodiversité, l’utilisation des ressources, la gestion de l’eau, les problématiques sociales, l’inclusion et la lutte contre les inégalités.
Pourquoi une session à l’École Du Breuil ?
Après des étapes organisées notamment à HEC Paris et à Centrale Lyon, la troisième des cinq sessions du parcours annuel a été accueillie à l’École Du Breuil. Ce choix n’est pas anodin.
Intitulée « Trans-former avec et pour le vivant », cette session était consacrée à la place du vivant dans les organisations et les modes d’apprentissage. Implantée au cœur d’un vaste domaine paysager, l’École Du Breuil a offert un cadre particulièrement cohérent avec cette thématique. Les participant·es ont ainsi pu expérimenter des ateliers au contact direct de la nature, favorisant une réflexion concrète sur les liens entre pédagogie, environnement et transformation des organisations.
Les organisateur·rices ont également salué l’engagement de la direction de l’établissement, représentée par Léon Garaix, directeur général, qui a contribué activement aux échanges et à la dynamique collective. En plus d’être accueillante pour cette session, l’Ecole Du Breuil est participante à cette convention avec l’implication tout au long de l’année de deux de ses cadres dirigeants, le directeur général ainsi que la directrice des services techniques et du domaine, Adrienne Szejnman. Leur parcours au sein de la convention a vocation à aboutir à une feuille de route qui sera partagée, appropriée et transformé par l’ensemble du collectif constituant l’établissement.
Une méthode fondée sur la coopération
Le parcours de formation proposé par la Convention Monde Académique s’étend sur une année complète et comprend cinq sessions de deux jours. Les participant·es y alternent conférences, ateliers collaboratifs, groupes de réflexion et temps de travail dédiés à leur propre organisation.
La conférence du biologiste Olivier Hamant, qui a partagé ses réflexions et ses recherches sur la robustesse et l’efficacité, a ainsi été particulièrement éclairante pour les participant·es. Ses interventions ont nourri les échanges autour de la capacité des organisations à s’adapter aux incertitudes contemporaines et à s’inspirer du vivant pour construire des modèles plus résilients.
La méthode utilisée par la CEC repose sur trois dimensions complémentaires :
- La tête, pour acquérir des connaissances et comprendre les enjeux ;
- Le cœur, pour mobiliser les émotions et développer une relation sensible au vivant ;
- Le corps, pour favoriser l’engagement, l’expérimentation et la coopération.
Cette approche vise à produire des transformations profondes, qui dépassent les seules déclarations d’intention pour se traduire en actions concrètes.
Construire une feuille de route pour tout un secteur
La Convention Monde Académique rassemble une trentaine d’organisations pionnières. Ensemble, elles travaillent à identifier les freins systémiques qui ralentissent la transformation du secteur, mais aussi les leviers permettant d’accélérer le changement.
L’ambition dépasse le cadre des établissements participant·es : les travaux menés pendant le parcours doivent permettre de faire émerger une véritable feuille de route pour l’ensemble du monde académique. Les solutions imaginées pourront concerner l’organisation même des structures, leur consommation de ressources, la formation des enseignant·es-chercheur·euses, l’évolution des contenus pédagogiques, les méthodes d’enseignement, les critères de réussite ou encore les coopérations entre établissements.
À travers cette démarche, la CEC souhaite favoriser l’émergence d’un enseignement capable non seulement de transmettre des connaissances, mais aussi de préparer les étudiant·es à agir dans un monde en profonde mutation.
Pour l’École Du Breuil, l’accueil de cette session nationale a constitué une reconnaissance de son expertise dans le rapport au vivant et de sa capacité à inspirer de nouvelles façons d’apprendre et de former, au plus près des réalités d’un monde physique et vivant où les situations de crise deviennent la norme. C’est pour elle aussi l’occasion de s’interroger sur elle-même et de s’engager plus fort encore au service des transitions et du vivant.
Photos : Sarah le Gigan








