Le vendredi 5 juin 2026, l’École Du Breuil a accueilli une conférence consacrée aux micro-forêts urbaines à Paris. Gratuite et accessible au grand public, cette rencontre a permis de mieux comprendre les enjeux, les méthodes et les retours d’expérience liés à ces nouveaux espaces végétalisés en plein essor.
À cette occasion, trois spécialistes de la Ville de Paris sont intervenues pour partager leur expertise et leurs retours de terrain :
- Eve Brunelle – Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (DEVE)
- Sophie Dobler – Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (DEVE)
- Amélie Farcette – ACO, Direction de la Voirie et des Déplacements (DVD)
Leurs interventions ont permis d’aborder l’ensemble du cycle de vie des micro-forêts, de la conception à la gestion dans la durée.
Un outil clé face aux défis climatiques
Au cœur des politiques environnementales parisiennes, les micro-forêts urbaines s’inscrivent dans des objectifs ambitieux, notamment le Plan Arbre (2020–2026), qui vise la plantation de 170 000 arbres et le développement d’îlots de fraîcheur dans la capitale.
Ces espaces végétalisés participent activement à la lutte contre le changement climatique, en contribuant à :
- rafraîchir la ville lors des épisodes de chaleur,
- capter le dioxyde de carbone,
- améliorer la qualité de l’air,
- favoriser la biodiversité.
Qu’est-ce qu’une micro-forêt urbaine ?
Une micro-forêt urbaine correspond à une plantation dense d’arbres, d’arbustes et de plantes, majoritairement indigènes, recréant un véritable écosystème forestier en milieu urbain.
Contrairement à un parc classique, elle privilégie le développement autonome du vivant : sol, végétation et faune interagissent avec un entretien limité.
Ces espaces reposent sur des principes forts :
- une forte densité de plantation,
- une grande diversité d’espèces,
- la présence de plusieurs strates végétales,
- une place centrale laissée aux processus naturels.
De la conception à la mise en œuvre
La conception d’une micro-forêt mobilise de nombreux acteurs et s’adapte aux contraintes du site : sol, réseaux souterrains, usages, ensoleillement ou encore circulation.
Lors de la conférence, les intervenantes ont détaillé les points clés :
- le choix d’essences locales adaptées au contexte urbain,
- la qualité et la gestion des sols,
- la prise en compte de l’eau et des contraintes techniques,
- l’intégration paysagère et les usages pour le public.
Après une phase d’installation nécessitant un arrosage et un suivi attentif, ces forêts évoluent progressivement vers une plus grande autonomie.
Des réalisations concrètes à Paris
La conférence s’est appuyée sur plusieurs projets emblématiques réalisés récemment :
- La place de Catalogne (14e arrondissement) : livrée en 2024, elle constitue une forêt urbaine majeure avec près de 500 arbres plantés et des effets significatifs sur la température (jusqu’à –4 °C en moyenne).
- La Petite Ceinture (20e arrondissement) : reconversion d’infrastructures ferroviaires en corridors écologiques favorables à la biodiversité.
- La place de l’Hôtel de Ville : un aménagement innovant intégrant des bosquets forestiers malgré des contraintes techniques importantes liées aux réseaux souterrains et un parking.
- La place du Colonel Fabien : un projet récent visant à végétaliser davantage l’espace public et améliorer le confort des usagers.
Ces exemples illustrent la diversité des formes de micro-forêts et leur capacité à s’insérer dans des contextes urbains variés.
Des bénéfices mesurables
Les micro-forêts urbaines produisent des bénéfices concrets et mesurables :
- réduction des îlots de chaleur (jusqu’à –8,6 °C ressentis localement),
- augmentation des surfaces perméables et meilleure gestion des eaux pluviales,
- stockage de carbone sur le long terme,
- création d’habitats favorables à la faune et à la flore.
Elles constituent de véritables laboratoires à ciel ouvert pour expérimenter de nouvelles façons de végétaliser la ville.
Une conférence pour sensibiliser et transmettre
En accueillant cette conférence, l’École Du Breuil confirme son rôle identifiable dans la formation et la diffusion des savoirs liés au paysage et à la biodiversité urbaine.
Grâce aux interventions des expertes de la DEVE et de la DVD, que l’École Du Breuil remercie chaleureusement, cette rencontre a permis de mieux comprendre les enjeux techniques et environnementaux des micro-forêts, tout en mettant en lumière des projets concrets qui participent à construire une ville plus résiliente, plus verte et plus agréable à vivre.
Au sein du public, de nombreux élèves étaient présents — autant de futur·es professionnel·les qui, demain, contribueront peut-être eux aussi à la végétalisation et à la transformation des espaces publics de la Ville de Paris.
Crédit photo @Joséphine Brueder/Ville de Paris

